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Comment évangéliser aujourd'hui ?

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C’est le titre d’un petit opuscule du moine Enzo Bianchi de l’abbaye de Bose en Italie (éd. saint Augustin, 2000). Parler d’une nouvelle évangélisation ne doit pas faire perdre de vue que l’Evangile lui, reste et doit rester le même. Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement (Heb 13.8). Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que l’évangélisation est avant tout action du Christ dans la puissance de l’Esprit. Evangéliser dépend donc en premier lieu de la présence du Seigneur et non de savoir-faire, de stratégies millimétrées. L’évangélisation est premièrement au service de l’Evangile et non de l’Eglise ! L’Eglise existe pour ce service là ; il est sa raison d’être. En dehors de l’évangélisation, on ne peut pas parler d’activité ecclésiale, ni même d’Eglise.


C’est à toutes les nations qu’il faut annoncer l’Evangile (Mat 28.19). L’évangélisation permet l’accomplissement de la promesse faite à Abraham : seront bénies en lui et en sa descendance, toutes les nations de la terre (Gen 12.3). Evangéliser c’est donc bénir les hommes ! Quelles que soient l’origine, la religion, l’histoire, l’agnosticisme ou la spiritualité des hommes, il existe en chaque fils d’Adam, une identité fondamentale, irréductible qui se laisse interpeler par le Dieu vivant. Cette universalité de l’homme et du message chrétien, ne doit pas occulter la réalité des époques et des cultures. Notre société post moderne a définitivement rompu avec le « collectif », le « communautaire », pour ne plus considérer que l’individu. Le devoir de transmission a disparu des préoccupations, l’homme perd la mémoire, relativise toute vérité pour naître enfin aux temps nouveaux de la tolérance indifférente. L’évangélisation s’adresse donc en premier lieu à « l’homme indifférent ». Cette posture nouvelle n’est pas sans engendrer de nouveaux manques et, si la pratique religieuse est au plus bas en Europe, la soif de vie spirituelle elle, a le vent en poupe ! Les chrétiens eux-mêmes, affectés par l’esprit du temps, perdent le sens de leur vocation. Il apparaît donc nécessaire de poser un préalable à toute action d’évangélisation du monde, l’évangélisation des chrétiens !


C’est l’évangéliste Marc qui pose les bases de l’évangélisation en introduction de son évangile : « Le temps est accompli, et le règne de Dieu s’est approché : convertissez-vous et croyez à l’Evangile ! » (1.15). Il faut ainsi rappeler le prima de la foi. « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé (Jn 6.28-29). Bien des gens cherchent dans le christianisme, une relation au sacré, une direction morale à leur existence, alors qu’il faut y chercher quelqu’un, le Christ ! Cette relation s’inscrit dans le mouvement paradoxal du « révélé-caché », du « déjà et du pas encore », dans une dimension eschatologique qui fait paraître l’attente et l’espérance. Le triomphalisme est contraire à la saine évangélisation ; les chrétiens doivent rendre compte de l’espérance qui est en eux (1 Pi 3.15). Christ est notre espérance (1 Tim 1.1), voilà  « la force de notre vie » (Dietrich Bonhoeffer). Naître à cette espérance, c’est faire nécessairement l’expérience personnelle de la repentance.  Par cette conversion, nous entrons sur le chemin de la réconciliation avec Dieu. Même si le terme de péché tend à disparaître, la rémission du péché constitue le noyau central de l’évangélisation.


Alors, comment évangéliser aujourd’hui ? En devenant compagnons des hommes. Evangéliser, c’est enfouir le levain dans la pâte. Enzo Bianchi nous recommande « le témoignage par capillarité » : seuls ceux auprès de qui nous vivons, peuvent s’imprégner de l’espérance qui est en nous. Ceux que nous saluons de loin ne le pourront pas. Les temps actuels nous imposent d’être de moins en moins lumière du monde, ville sur la montagne (Mat 5.14) et de plus en plus sel de la terre (5.13). Ce qui est demandé au chrétien, ce n’est pas de convertir les gens, mais de témoigner dans l’amour, de la sûre espérance qui habite en lui par la grâce de la foi. Ne nous lassons donc jamais de prier pour que la parole du Seigneur poursuive sa course sur la terre au prix de notre témoignage dans le compagnonnage des hommes

(Recension de Pierre Lacoste)